Le ministre des Armée démissionnaires, Sébastien Lecornu, ira donc à Matignon, selon le souhait du président de la République Emmanuel Macron, qui l’a désigné, ce mardi, après avoir accepté la démission de François Bayrou. L’ancien ministre des Outre-mer (de juillet 2020 à mai 2022) faisait partie des options les plus sérieuses du chef de l’Etat pour le renouvellement du gouvernement.
Emanuel Macron a nommé, ce mardi 9 septembre 2025, le ministre des Armées démissionnaire Sébastien Lecornu, comme Premier ministre. Le président de la République a donc choisi son homme de confiance venu de la Droite, pour Matignon, en le chargeant, dans un premier temps, de « consulter » les partis politiques, en vue de « bâtir les accords indispensables aux décisions des prochains mois« , a annoncé l’Elysée.
Il a été « chargé de consulter les forces politiques représentées au Parlement en vue d’adopter un budget pour la Nation et bâtir les accords indispensables aux décisions des prochains mois« , a indiqué la présidence. « À la suite de ces discussions, il appartiendra au nouveau Premier ministre de proposer un gouvernement au président de la République« , a-t-elle ajouté.
La passation de pouvoirs, entre François Bayrou et Sébastien Lecornu aura lieu demain, mercredi, à 12h à Matignon.
Les déclarations de personnalités politiques
Cette décision est loin de faire l’unanimité, sur l’échiquier politique national. Plusieurs personnalités politiques, dont celles que le nouveau premier ministre est appelé à consulter, ont réagi notamment sur le réseau social X.
La nomination de Sébastien Lecornu à Matignon, « à la veille du mouvement du 10 septembre« , est « une provocation« , réagit Mathilde Panot de La France Insoumise (LFI).
Jean-Luc Mélenchon (LFI) dénonce réclame à nouveau le départ du président : « Seul le départ de Macron lui-même peut mettre un terme à cette triste comédie du mépris du Parlement, des électeurs et de la décence politique« .
Marine Le Pen du Rassemblement national (RN) fustige la « dernière cartouche du macronisme« .
« Le ministre des Armées devient un Premier ministre désarmé, bientôt censuré », dénonce le député du groupe Ecologiste et social Alexis Corbière.
Le chef des Républicains Bruno Retailleau, quant à lui, souhaite « trouver des accords » avec le nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu.
L’autre macroniste Gabriel Attal a, pour sa part, déclaré : « Nous chercherons toujours à aller dans le sens de l’intérêt général et le soutiendrons pour cela« .
« C’est un excellent ministre. Je suis sûre qu’il sera capable de nous rassembler (…). Je ferai tout pour que ça marche et qu’on puisse apporter cette stabilité à notre pays dont nos compatriotes ont absolument besoin« , a réagi Yaël Braun-Pivet, la présidente de l’Assemblée nationale.
« Emmanuel Macron s’obstine dans une voie à laquelle aucun socialiste ne participera« , affirme le Parti Socialiste (PS), par voie de communiqué. Il considère qu’Emmanuel Macron « prend le risque de la colère sociale » et « du blocage institutionnel » du pays, à la veille de la journée d’actions « Bloquer tout« .
Cette mobilisation des 10 et 18 septembre sera l’occasion, selon Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste (PC), de faire entendre jusqu’à Matignon « les exigences de changement » qui sont « immenses » : « La justice sociale, la justice fiscale, la paix restent nos priorités« .
Le 7ème Premier ministre d’Emmanuel Macron
Sébastien Lecornu devient le septième Premier ministre d’Emmanuel Macron ; le cinquième depuis le début de son second quinquennat, en 2022. Du jamais-vu dans une Ve République, longtemps réputée pour sa stabilité, mais entrée dans une crise sans précédent depuis la dissolution de l’Assemblée nationale, en juin 2024.
À 39 ans, l’ex-sénateur normand, inamovible au gouvernement depuis 2017, a grimpé les échelons jusqu’à devenir ministre des Armées, un portefeuille ultrasensible en temps de guerre en Ukraine ; il s’est imposé comme un fidèle et un intime du chef de l’Etat.
Déjà en décembre dernier, Emmanuel Macron avait voulu le nommer à Matignon, mais son allié historique, François Bayrou, avait fini par s’imposer à lui.
Cette fois, le président n’a pas tergiversé et cette nomination express, à rebours de sa tendance naturelle à la procrastination, semble indiquer qu’elle avait été soigneusement préparée en amont.
Après avoir reconnu la défaite de son camp aux législatives anticipées post-dissolution, tenté une semi-cohabitation avec l’opposant Les Républicains Michel Barnier, puis avec le centriste Bayrou, il s’en remet donc à un macroniste pur sucre.
Sur le fil du rasoir
Pour tenir, le futur gouvernement devra obtenir, a minima, une non-censure du PS, indispensable pour doter la France d’un budget pour 2026, dont la préparation vient de faire tomber le gouvernement sortant, qui avait présenté un effort de 44 milliards d’euros. Le calendrier budgétaire risque déjà de dérailler, en raison de ce énième soubresaut de la crise politique, après le retard inédit de l’an dernier.
Et l’impasse politique risque d’agiter les marchés financiers, en attendant la décision de l’agence Fitch qui pourrait dégrader, vendredi, la note de la dette française.
Source: la1ere.franceinfo.fr
