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Numérique en Afrique : l’urgence de la formation

RAPPORT. Alors que le secteur numérique bat des records de croissance, des experts du Boston Consulting Group alertent sur le principal défi à relever, celui de la formation.

es experts sont unanimes : d’ici à 2050, environ 40 % de la population mondiale âgée de moins de 18 ans sera née et aura grandi en Afrique. Sans compter le fait qu’avec une population de 1,3 milliard d’habitants le continent africain va devenir celui qui abritera la main-d’œuvre et le marché de consommation à la croissance la plus rapide au monde. Autant de tendances qui auront forcément un impact très fort sur la trajectoire du continent, avec d’autres données dont il faut également tenir compte, comme le changement climatique, l’explosion des villes, etc. Sauf que seuls 3 millions d’emplois sont annuellement créés en Afrique alors que 10 à 12 millions de jeunes arrivent sur le marché du travail chaque année, selon l’Organisation internationale du travail.

Les services numériques en plein boom

Dans ce contexte, le secteur du numérique, en plein boom, peut offrir des opportunités. D’autant plus que la révolution numérique de l’économie est en marche en Afrique ces dernières années. En dix ans, la pénétration d’Internet en Afrique subsaharienne a été multipliée par trois. Et, selon les projections, l’économie numérique de l’Afrique atteindra 180 milliards de dollars d’ici à 2025 et 712 milliards de dollars d’ici à 2050. De l’agriculture au e-commerce, à la santé, en passant par les moyens de paiement, les champs d’application sont infinis et le continent a développé un écosystème d’innovation dynamique dans plusieurs domaines. Une véritable opportunité pour certains territoires, déjà fortement digitalisés. Au Kenya, par exemple, le paiement mobile a pris le dessus sur le paiement par cash, sans passer par la « case » bancarisation. Aujourd’hui, le mobile money représente 50 % du PIB du pays. Alors qu’en 2019 l’Afrique comptait plus de 600 pôles technologiques, la pandémie de Covid-19 a accéléré l’urgence de la transformation vers plus de numérique. Et c’est déjà visible puisque l’ investissement dans les start-up technologiques a atteint un peu plus de 700 millions de dollars en 2020, contre 492 millions de dollars en 2019.

Faut-il, pour autant, en conclure que le continent a rattrapé son retard sur le reste du monde ? Dans un récent rapport, le Boston Consulting Group (BCG) apporte un éclairage nuancé à cette question. En effet, dans les faits, le continent a toujours le taux d’utilisation d’Internet le plus bas au monde. Environ 40 % seulement de la population a accès à Internet, contre une moyenne mondiale de 66 %. Ces données impactent aussi les entreprises et, malgré l’élan remarquable observé dans les écosystèmes tech, la plupart des start-up n’ont pas les moyens de passer à l’échelle.


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Couverture du Point N° 2630

Numérique en Afrique : l’urgence de la formation

RAPPORT. Alors que le secteur numérique bat des records de croissance, des experts du Boston Consulting Group alertent sur le principal défi à relever, celui de la formation.Par Le Point Afrique


Le paiement par telephone pour les menus achats, deja present en Afrique, explose depuis la crise du Covid-19 (photo d'illustration prise au Zimbabwe le 10 decembre 2019).
Le paiement par téléphone pour les menus achats, déjà présent en Afrique, explose depuis la crise du Covid-19 (photo d’illustration prise au Zimbabwe le 10 décembre 2019). © EKESAI NJIKIZANA / AFP

Publié le 30/12/2022 à 11h45

Temps de lecture : 4 min

Les experts sont unanimes : d’ici à 2050, environ 40 % de la population mondiale âgée de moins de 18 ans sera née et aura grandi en Afrique. Sans compter le fait qu’avec une population de 1,3 milliard d’habitants le continent africain va devenir celui qui abritera la main-d’œuvre et le marché de consommation à la croissance la plus rapide au monde. Autant de tendances qui auront forcément un impact très fort sur la trajectoire du continent, avec d’autres données dont il faut également tenir compte, comme le changement climatique, l’explosion des villes, etc. Sauf que seuls 3 millions d’emplois sont annuellement créés en Afrique alors que 10 à 12 millions de jeunes arrivent sur le marché du travail chaque année, selon l’Organisation internationale du travail.

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Les services numériques en plein boom

Dans ce contexte, le secteur du numérique, en plein boom, peut offrir des opportunités. D’autant plus que la révolution numérique de l’économie est en marche en Afrique ces dernières années. En dix ans, la pénétration d’Internet en Afrique subsaharienne a été multipliée par trois. Et, selon les projections, l’économie numérique de l’Afrique atteindra 180 milliards de dollars d’ici à 2025 et 712 milliards de dollars d’ici à 2050. De l’agriculture au e-commerce, à la santé, en passant par les moyens de paiement, les champs d’application sont infinis et le continent a développé un écosystème d’innovation dynamique dans plusieurs domaines. Une véritable opportunité pour certains territoires, déjà fortement digitalisés. Au Kenya, par exemple, le paiement mobile a pris le dessus sur le paiement par cash, sans passer par la « case » bancarisation. Aujourd’hui, le mobile money représente 50 % du PIB du pays. Alors qu’en 2019 l’Afrique comptait plus de 600 pôles technologiques, la pandémie de Covid-19 a accéléré l’urgence de la transformation vers plus de numérique. Et c’est déjà visible puisque l’ investissement dans les start-up technologiques a atteint un peu plus de 700 millions de dollars en 2020, contre 492 millions de dollars en 2019.

Faut-il, pour autant, en conclure que le continent a rattrapé son retard sur le reste du monde ? Dans un récent rapport, le Boston Consulting Group (BCG) apporte un éclairage nuancé à cette question. En effet, dans les faits, le continent a toujours le taux d’utilisation d’Internet le plus bas au monde. Environ 40 % seulement de la population a accès à Internet, contre une moyenne mondiale de 66 %. Ces données impactent aussi les entreprises et, malgré l’élan remarquable observé dans les écosystèmes tech, la plupart des start-up n’ont pas les moyens de passer à l’échelle.

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Priorité à la formation

Les experts du BCG pointent particulièrement la formation comme point de blocage, alors qu’elle peut devenir un levier afin que l’Afrique subsaharienne puisse tirer le plus de bénéfice possible du boom du numérique actuel. D’après leurs calculs, il faudrait former jusqu’à 650 millions d’Africains dans les compétences numériques d’ici à 2030. Pour appuyer cette urgence, des patrons africains ont été interrogés. Résultat : neuf chefs d’entreprise africains sur dix identifient « le développement des compétences numériques comme un domaine prioritaire nécessitant des investissements supplémentaires ». Aujourd’hui, d’après les experts « sur les 20 pays du monde ayant les compétences numériques les plus faibles, 12 se trouvent en Afrique et seuls 11 % des diplômés de l’enseignement supérieur en Afrique ont une formation numérique officielle », peut-on lire dans le document publié en novembre. Pour les experts, une meilleure coopération entre les grandes entreprises internationales – comme Citi, IBM ou Cisco –, les incubateurs locaux – il y en existe déjà 600 – et les systèmes éducatifs fera décoller le développement de la formation aux nouvelles technologies. Le secteur privé local est également de plus en plus actif. Il reste que tous ces efforts devront être soutenus par les gouvernements africains, dont beaucoup ont publié des stratégies numériques.

Intégrer plus de jeunes et mettre l’accent sur le climat

Les auteurs se sont également penchés sur des pistes de réflexion qui permettraient à l’Afrique de tirer pleinement profit de l’économie numérique. En premier lieu, les experts préconisent d’intégrer massivement dans ces formations au numérique, en particulier, les jeunes Africains entrant sur le marché du travail. Ils conseillent aussi aux pays africains d’investir dans la formation de compétences spécialisées dans l’analyse des données climatiques, l’objectif étant de renforcer la résilience du continent au dérèglement du climat. Bien que le continent ne contribue qu’à moins de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, 16 des 20 États les plus vulnérables au climat dans le monde se trouvent en Afrique. Dans ce contexte, les décideurs souhaitent de plus en plus anticiper et comprendre les risques, mais aussi les besoins de financement et les enjeux liés au changement climatique, « en particulier pour les populations les plus vulnérables ». « La planification fondée sur les données est encore malheureusement limitée et les capacités analytiques, qui sont nécessaires pour appliquer les données et les informations à la prise de décision et à l’action dans le monde réel, sont également jugées faibles. » Pour les experts du BCG, « l’investissement dans ces compétences est d’une importance cruciale pour le continent. Il permettra une prise de décision fondée sur des données probantes en renforçant l’infrastructure et les compétences nécessaires ».

Source: www.lepoint.fr

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