dimanche, mars 3, 2024
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Comme la Terre, la Lune a une graine solide en son cœur

Une nouvelle étude scientifique menée par des Français révèle des détails inédits sur la structure interne de la Lune.

a Lune a beau nous être familière, nous sommes encore bien loin d’avoir percé tous ses secrets. Sa structure interne notamment pose depuis longtemps question. Grâce aux données récoltées par les sismomètres des missions américaines Apollo, les scientifiques ont d’abord découvert que le satellite de la Terre était un corps bien différencié présentant une croûte, un manteau et un noyau.

Mais à quoi pouvait bien ressembler ce noyau ? Deux hypothèses ont été émises : celle d’un noyau entièrement fluide et celle d’un noyau fluide contenant en son cœur une graine solide comme c’est le cas pour la Terre. Toutefois, aucune étude n’était parvenue à les départager. Du moins jusqu’à la parution des travaux d’une équipe française issue du CNRS, de l’Université et de l’Observatoire de la Côte d’Azur, de Sorbonne Université et de l’Observatoire de Paris-PSL, dans la revue Nature, il y a quelques jours. Selon eux, aucun doute : la Lune possède bien une graine solide en son cœur, comme notre propre planète. Mais ce n’est pas tout…

Pour s’en convaincre, ces chercheurs ont dû procéder par étapes. Dans un premier temps, ils ont utilisé l’ensemble des informations disponibles sur les déformations liées aux effets de marée induits par la Terre, le Soleil et d’autres planètes sur la Lune. « Il s’agit à la fois des données du laser qui mesure la distance Terre-Lune depuis une quarantaine d’années et de celles recueillies par les satellites, GRAIL (Gravity Recovery and Interior Laboratory) sur le champ de gravité de la Lune et LRO (Lunar Reconnaissance Orbiter) sur la topographie lunaire », nous précise l’un des coauteurs de l’étude, Arthur Briaud. « Cela nous a permis de décrire les profils en profondeur, en viscosité et en densité, des différentes couches internes de la Lune, avec ou sans graine, puis, dans un second temps, de partir des viscosités et des épaisseurs pour en déduire des conditions de pression et de température, toujours avec ou sans graine », nous explique l’astrophysicienne Agnès Fienga, également coauteur de l’étude.

Mais ce n’est qu’en cherchant les matériaux compatibles avec ces conditions que les scientifiques ont découvert que la Lune devait nécessairement posséder non seulement une graine solide au cœur d’un noyau liquide d’environ 500 kilomètres de diamètre (15 % de la taille de la Lune), mais également une zone de faible viscosité à la frontière entre ce noyau et le manteau.

Or ce dernier élément résout du même coup une seconde énigme ! En effet, les missions Apollo ont mis en évidence que la croûte lunaire était étonnamment riche en fer et en matériaux métalliques. Des éléments dont la présence pouvait s’expliquer de deux manières : soit par un intense bombardement météoritique par de petits corps métalliques, soit par une remontée de ces matériaux depuis le noyau de la Lune vers sa croûte. Un phénomène appelé « retournement du manteau » qui se trouve être justement parfaitement compatible avec la présence d’une zone de faible viscosité que la nouvelle étude devine entre le noyau et le manteau.

Le fer et les métaux prélevés à la surface lunaire viendraient donc bien des profondeurs de l’astre et non d’un épisode cataclysme si intense qu’il aurait pu modifier les orbites des planètes externes du système solaire, Uranus et Neptune. Les implications des résultats de l’étude française dépassent donc largement les frontières du couple Terre-Lune. Permettront-ils aussi de mieux comprendre pourquoi la Lune a possédé un temps un champ magnétique cent fois plus puissant que celui de notre planète ? Les scientifiques l’espèrent !

Source: www.lepoint.fr

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