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Loi immigration : « La République n’est pas raciste », affirme Huguette Tiegna, députée Renaissance

Deux jours après l’adoption de la loi immigration, l’élue du Lot née au Burkina-Faso explique dans un entretien à Challenges les raisons de son vote en faveur de ce texte salué par le Rassemblement national.

Le parcours d’Huguette Tiegna est singulier. Née au Burkina-Faso et naturalisée française quelques mois avant les élections législatives de 2017, elle est devenue députée En Marche ! du Lot puis réélue en 2022 sous la bannière Renaissance.

Ingénieure et docteure en génie électrique au Havre après une partie de ses études supérieure en Afrique, elle explique pourquoi elle a voté en faveur d’une loi fustigée par une partie de la majorité et qui a fissuré la macronie.

Challenges – Pourquoi avoir voté en faveur de la loi immigration qui durcit les conditions d’entrée sur le territoire et contient des éléments qui, de l’aveu de l’exécutif, sont contraires à la constitution ?

Je l’ai votée non pas parce qu’elle est parfaite mais parce qu’elle contient plusieurs aspects qui vont dans le sens que je défends. Le volet sur la criminalisation des passeurs est renforcé : ils seront désormais punis d’une amende d’un million et demi et d’une peine pouvant aller jusqu’à 20 ans de prison. Je soutiens également le volet portant sur l’intégration des étrangers notamment par le travail. C’est une mesure que j’ai toujours défendue. Pour moi, les étrangers ne viennent pas en France pour bénéficier des aides. Ils viennent parce qu’ils ont envie de travailler et mieux gagner leur vie.

Les employeurs veulent régler la question de l’emploi. Parmi les travailleurs sans papiers, beaucoup sont précaires ou exploités. Cette loi contient des mesures qui vont dans le sens de l’intérêt national.

Vous faites référence à l’article 4bis du Sénat. Mais cette mesure permettrait, au mieux, la régularisation de 7.000 à 10.000 travailleurs sans papiers par an selon Gérald Darmanin.

Si grâce à cette loi, on arrive à sortir de la précarité 10.000 femmes de ménages, ouvriers du bâtiment ou encore des employés de restaurant, alors c’est déjà un pas vers une réponse humaine.

Le préfet décide déjà d’une régularisation d’un travailleur irrégulier. A quoi sert donc cet article ?

La situation sera encore plus formalisée qu’aujourd’hui puisqu’il y aura un cadre de loi plus précis même si, il est vrai que le préfet aura toujours le dernier mot. C’est aussi au ministère de l’Intérieur à veiller à ce que la loi soit respectée. J’essaye d’être efficace et si dans une loi, je peux participer à résoudre des situations alors je la vote même si je ne suis pas d’accord avec l’ensemble des mesures.

Justement, la déchéance de nationalité, la réduction du droit du sol, le durcissement des APL pour les étrangers… Que pensez-vous de toutes ces mesures inspirées par un programme d’extrême droite ?

Je ne suis pas pour la déchéance de nationalité mais il faut savoir qu’elle a été instaurée par François Hollande et existe déjà pour des motifs terroristes.

Ce qui a été voté complète cet aspect puisque cette déchéance de nationalité s’étend désormais aux personnes condamnées pour un crime commis sur une personne dépositaire de l’autorité publique ou un magistrat. Et pour les APL, le texte en CMP a adouci celui du Sénat sur plusieurs points.

Avec cette loi, vous n’auriez certainement pas pu rester en France à la suite de vos études puisqu’elle exige le dépôt d’une caution conditionnée au retour dans le pays d’origine…

Cette loi n’empêche pas les étudiants de venir en France ! Elle se concentre sur l’immigration illégale, pas l’immigration régulière. Les étudiants viennent avec un titre de séjour qu’ils renouvellent chaque année.

Si vous voulez parler de mon cas personnel, je suis arrivée en France avec une bourse pour mon master et j’ai travaillé en parallèle pendant mon doctorat. La caution ? Il s’agit d’un montant qui sera certainement compris en 20 et 50 euros même si je sais que c’est beaucoup pour certains. Cette loi ne m’aurait pas empêchée de venir en France et elle n’empêchera pas non plus ceux qui ont envie de venir étudier en France. Je ne vote pas en fonction de mes origines mais dans le respect des valeurs de la République en tâchant d’être efficace dans la mission que les électeurs m’ont confiée.

L’aile gauche de la majorité a vacillé à cause de ce texte avec un point d’orgue la démission du ministre de la Santé. Certains disent que la philosophie de la Macronie de 2017 n’existe plus. Partagez-vous leur constat ?

La plupart de nos députés n’ont pas voulu voter parce que la version de la commission n’a pas été retenue et c’est difficile pour toute la majorité. Il y a parmi nous beaucoup de sensibilités et l’aile gauche a parfois du mal à bouger et l’aile droite aussi alors que dans un texte de compromis, tout le monde doit faire des efforts. Mais cette loi ne va pas à l’encontre de nos valeurs. La République n’est pas raciste comme je peux parfois le lire sur les réseaux sociaux et si des mesures ne sont pas conformes à la Constitution, le Conseil constitutionnel les retoquera.

Lire aussiImmigration : le Conseil constitutionnel pourrait censurer la  » préférence nationale déguisée  » des aides sociales

A titre personnel, avez-vous hésité à voter cette loi ?

J’ai beaucoup réfléchi après la motion de rejet votée à l’initiative de la gauche. Elle a beaucoup ricané ce soir-là mais comment on arrive à un texte convenable en partant de celui du Sénat ? Le texte de la majorité était celui de la commission des lois. Ça a été un vote dur, certainement l’un des plus durs depuis que j’ai été élue mais il contient des mesures que les Français attendaient.

Source: www.challenges.fr

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